La même, mais jusqu’au bout

Avec cette météo capricieuse, on ne sait plus trop sur quel pied danser. Elle m’oblige très souvent à reconsidérer mon planning de A à Z. Un exemple parmi d’autres, samedi, j’avais prévu une sortie de 100 km en gravel avec mes amis Julien, Alphone et Sergio, suivie d’une pasta party au bord de la piscine, histoire de célébrer dignement mes 67 ans. Malheureusement, les prévisionnistes sont unanimes, il devrait pleuvoir toute la journée. Du coup, nous avons reporté à lundi soir, c’est à dire la seule date qui puisse convenir à tout le monde et pour laquelle on n’annonce pas de mauvais temps. Par conséquent, je pouvais également envisager de faire une longue sortie aujourd’hui sans trop me soucier de la récupération jusqu’à la sortie suivante. Eh oui, à mon âge, on se préoccupe aussi de se genre de détails.

Pris un peu de court, je n’ai pas hésité trop longtemps quant au choix du parcours : ce sera exactement le même que la semaine passée, à la différence près que, cette fois, j’espère qu’aucun problème mécanique ne viendra écourter ma sortie.

Jusqu’à Grisolles puis Canals, je connais donc parfaitement la route : j’y arrive assez rapidement et sans encombre, ce qui me rassure et me met en confiance pour la suite. Le frein filet que j’ai appliqué sur la vis de manivelle semble faire le job. Les coteaux au-dessus de Castelnau d’Estrétefonds me plaisent énormément et de plus, les conditions sont vraiment idéales pour rouler. La température est douce, le ciel est légèrement couvert en ce début de matinée, il n’y a que très peu de vent et pour l’instant, il est plutôt favorable.

De Canals à Labastide-St-Pierre en passant par Campsas et Lespinet, je crois que c’est bien la premère fois que j’emprunte ce segment. Ce sont de petites routes de campagne bien roulantes avec assez peu de circulation. J’ai déjà parcouru près de 50 km et je profite d’une petite escale technique pour appeler ma chérie afin de la rassurer. J’emprunte ensuite la voie verte jusqu’à la proximité de Bessières en traversant tour à tour, Orgueil, Nohic, Villemur-sur-Tarn et La Magdelaine-sur-Tarn. J’adore rouler sur cette longue portion de piste cyclable car elle est parfaitement plate, partiellement ombragée et surtout, elle est strictement réservée aux piétons et aux cyclistes. Autant dire que je n’y ai pas croisé grand monde un vendredi matin. Le seul bémol, ce sont ces inombrables barrières dont le rôle est justement d’empêcher les autres véhicules de l’emprunter. Il faut donc ralentir, slalomer entre les barrières et relancer : la moyenne horaire, plutôt élevée jusque là, en prend un sacré coup mais après tout, je ne suis pas parti pour faire un chrono, bien au contraire.

Avant la mi-parcours, je m’aperçois malheureusement aussi que la vis de manivelle continue à se desserrer un peu malgré le frein filet. Certes, ce n’est pas aussi flagrant qu’auparavant mais ça me préoccuppe malgré tout et à partir de ce constat, je profite de presque tous les arrêts pour vérifier s’il y a le moindre jeu et, le cas échéant, pour redonner un petit coup de clé Allen. Affaire à suivre…

A Bessières, je traverse le Tarn pour la première des quatre fois de la journée et je grimpe par la route de Roquemaure avant de redescendre pour rejoindre Conques et son magnifique château. Je longe le fleuve jusqu’à Mézens où je le traverse une deuxième fois, puis une troisième fois quelques kilomètres plus loin à Saint-Sulpice. Le fleuve offre véritablement un spectacle dont je ne me lasserai jamais. J’ai largement dépassé la mi-parcours et je découvre un petit parc qui comporte tout ce qu’il faut à un cycliste pour passer un bon moment : un point d’eau et un petit banc à l’ombre de grands arbres, c’est l’endroit parfait pour avaler tranquillement un sandwich et quelques fruits secs avant de reprendre la route en direction de Giroussens et de Lavaur.

Mais après cette petite pause d’une bonne demi-heure, ce n’est plus tout à fait la même chose. Les petits nuages du matin ont maintenant disparu, cédant leur place à un soleil désormais omniprésent et sans surprise, il commence à faire vraiment très chaud. Par ailleurs, le vent a également forci et il est plutôt défavorable. Dans la montée vers Giroussens, je sens graduellement que mes jambes ne répondent plus comme avant et que les genoux deviennent un peu plus douloureux mais ça passe malgré tout assez bien.

Lavaur est une ville qui ne m’inspire vraiment pas du tout et je déteste la traverser. Je suis donc content de retrouver la D87, la route de Caraman. La dernière fois que je l’ai emprunté dans ce sens, je crois bien que c’était lors de ma première sortie avec Jean-Luc F., il y a quelques temps déjà. Je me souviens que ce jour-là, j’avais vraiment souffert à cause du froid, de la bruine et du vent, tant et si bien que j’ai trouvé l’ascension interminable. Cette fois, c’est bien différent : si je souffre, c’est parce qu’il fait tellement chaud que l’air devient irrespirable. Je sens aussi que je me déshydrate à force de transpirer et j’ai déjà pratiquement vidé le bidon que j’avais rempli d’eau fraîche une quinzaine de kilomètres plus tôt. Je réfléchis à quel moment et où je pourrai refaire le plein car sur cette route, les points d’eau sont rares, voire inexistants.

J’hésite un moment lorsque j’atteins le croisement avec la route qui mène à Castanet mais finalement, je décide de rester sur l’itinéraire initialement prévu car j’ai besoin de me rassurer quant au kilométrage que je peux parcourir sur ce type de profil avant de tenter de battre mon record de distance et de dénivelé. Par ailleurs, je ne suis jamais passé par Lacougotte-Cadoul, le point culminant de la sortie que j’ai hâte de découvrir.

A partir de Viviers-lès-Lavaur, je retrouve des routes qui me sont plus familières et elles ne sont pas faciles car après la descente vers le Lac de Belcastel, il faut remonter à Bannières et je commence à sentir que mes forces m’abandonnent progressivement. La bonne nouvelle, c’est que je sais que j’y trouverai un point d’eau où refaire le plein et me rafraîchir, au cimetière. La descente vers Montcabrier me permet de reprencre quelques couleurs mais le plaisir est de courte durée lorsque je m’aperçois que la route vers Bourg-St-Bernard est barrée à 800 m. J’en devine la raison : c’est encore à cause de cette satanée autoroute A69 tant controversée dont les travaux dénaturent toute la région depuis plus d’un an. En dépit de l’interdiction, je m’y lance quand même tout en réalisant que s’il fallait vraiment faire demi-tour, ce serait compliqué car la pente dépasse 12% par endroits et je n’ai plus vraiment une énergie débordante pour la remonter dans l’autre sens. Je tombe effectivement sur un gros chantier mais heureusement, nous sommes vendredi soir, les ouvriers sont déjà partis donc je peux le traverser à pied, ce à quoi je ne me serai certainement pas risqué si je ne savais connaissais pas parfaitement les lieux. Quelques centaines de mètres plus loin, passe la D20 et dans le prolongement de ma route, la D87 plus tranquille où je retrouve ma trace.

L’endroit me rappelle une petite mésaventure, le jour où je me suis fait courser sur plusieurs centaines de mètres par un molosse, à proximité d’une ferme. J’avais dû piquer le sprint de ma vie pour, en pleine pente, échapper à ses crocs. Je redoute de retomber sur lui en repassant par ici, mais heureusement, ce n’est pas le cas et je prends maintenant la direction de Gauré. Ca commence à devenir vraiment très difficile et je suis obligé de m’arrêter avant l’entrée du village tellement le point d’appui du pied droit sur la pédale est devenu douloureux. J’ai pourtant mis des chaussettes fines et j’ai pris le soin de délacer mes chaussures au maximum pour laisser respirer le pied mais rien n’y fait ! J’en profite pour avaler un gel, ma dernière barre de céréales et les trois dattes qu’il me reste. Un peu plus loin, je découvre un point d’eau dont je ne m’étais jamais aperçcu de l’existence car, la plupart du temps, j’emprunte cette route dans le sens inverse. La fin du parcours est laborieuse, je renonce à escalader la route qui grimpe jusqu’à Lavalette et je rejoins directement celle qui monte à Mondouzil et redescend vers Beaupuy. Après une dernière bosse qui comporte un court passage à 8%, je me laisse enfin glisser jusqu’à Saint-Jean.

Comme me le fait remarquer à juste titre Marie, j’encaisse de moins en moins bien les fortes chaleurs et c’est tout particulièrement vrai sur de longues distances comme la sortie du jour. Par bonheur, un petit plouf dans la piscine permet de rapidement faire redescendre la température corporelle tout en détendant les muscles. La question que je me pose maintenant est la suivante : suis-je vraiment suffisamment en condition pour tenter 400 km et près de 3500 m de D+ en milieu de semaine prochaine et le vélo est-il suffisamment fiable pour cette aventure ? Je ne parle même pas de la météo, toujours aussi incertaine…

Vues : 28

Trace et profil

Download file: VDG_20240705_1736.gpx

Relevés GPS

Départ
05/07/2024 08:36:26
Durée de déplacement
07:38:29
Durée totale
08:59:20
Arrivée
05/07/2024 17:35:46
Distance
148.7 kms
Dénivelé positif
1134 m
Vitesse moyenne
19.5 kms/h
Vitesse maximale
53.9 kms/h
Altitude minimale
103 m
Altitude maximale
283 m
Puissance
0 W
Dépense énergétique
0 kJ

Conditions

Météo
Dégagé
Température
16 °
Humidité
92 %
Vent
2.6 kms/h
Direction du vent
SSE

Autres participants

Aucun

Vélo utilisé

Revivre cette sortie