J’ai eu raison de me lever tôt

Lorsque j’ai reçu le message de Benoît invitant tous les bénévoles souhaitant participer à l’événement à se manifester, j’ai immédiatement répondu que j’aimerais faire partie de la délégation de l’AVH qui se rendrait à Sainte-Croix-Volvestre sur l’invitation de la mairie à l’occasion du passage de la flamme olympique dans la commune le 17 mai prochain. Un village olympique sera créé pour la circonstance et l’association y est invitée pour deux jours afin de se faire mieux connaître et elle proposera une animation autour du tandem sur le parcours de la flamme avec les équipages de pilotes et de copilotes déficients visuels.

Joli programme ! Mais puisque seul un nombre limité de tandems pourra être chargé dans la remorque, j’ai proposé à Benoît d’en (co-)piloter un en partant directement de Toulouse et bien entendu de le ramener sur le chemin du retour, le lendemain. Et pour vérifier la faisabilité, le soir même j’ai tracé ce qui, à mes yeux, serait le meilleur itinéraire possible pour faire l’aller-retour sur 2 jours.

La trace sur une application comme OpenRunner, c’est une chose, mais rien ne vaut un test grandeur nature et j’ai donc imaginé que ce pourrait également être un excellent prétexte pour parfaire ma condition physique en vue de la Race Across Paris et de combler un peu le déficit de kilomètres consécutif à ma chute du mois de janvier. De plus, rouler en solo sur un longue distance, c’est l’occasion rêvée pour me retrouver avec moi-même et faire face aux petites souffrances qui agrémentent généralement ce genre de périple. J’ai trop subi le train de mes habituels compagnons d’échappées, la plupart étant bien plus forts que moi. Je voulais savoir où j’en étais et aussi prendre le temps de faire quelques belles photos en cours de route, ce qui est toujours un peu difficile quand on roule avec des fusées.

La météo nous avait annoncé un weekend pluvieux. Après un samedi sans une goutte d’eau, je me suis convaincu qu’elle s’était encore trompée et je me suis dit que le lendemain pouvait, avec un peu de chance, être propice à une sortie. La pluie ne me dérange pas plus que cela, tant qu’elle ne tombe pas dès le départ. Au même titre que le vent, elle fait partie des aléas qui risquent d’agrémenter une sortie. Ce n’est pas très agréable de prendre une rincée mais une fois qu’on est mouillé et loin de la maison, il n’y a plus le choix : il faut continuer ou attendre que ça passe.

J’ai donc mis mon réveil à sonner dans l’idée de tenter ma chance de bonne heure, au lever du jour, voire un peu avant. Je n’ai pas eu à attendre qu’il se mette à vibrer : j’ai le sommeil léger ces derniers temps et je suis souvent réveillé très tôt. Marie a été très surprise de me trouver en train de prendre mon petit-déjeuner à 5h00 du matin mais elle est maintenant coutumière du fait, d’autant plus que je lui en avais plus ou moins annoncé l’éventualité la veille. J’ai tout de même attendu le lever du jour pour me faire une idée de la météo. Il n’a pas plu durant la nuit et malgré la relative obscurité, je ne distinguais pas de nuage menaçant qui me convainque de retourner sous la couette.

Je me suis donc élancé peu avant 8h00 en direction de la rue Idrac, siège de l’AVH, histoire de suivre à la lettre l’itinéraire que j’avais imaginé la veille. Premier constat, à cette heure, les Toulousains sont majoritairement chez eux. La circulation est donc facile et relativement sûre, ce qui n’est pas pour me déplaire car j’évite la ville autant que je le peux. Deuxième constat, j’ai eu raison de m’habiller chaudement car il fait à peine quelques degrés au dessus de zéro. Je ressens la morsure du froid malgré les 5 couches et la petite veste sans manche que j’ai pris la précaution de revêtir en partant n’est vraiment pas de trop. Je pensais pouvoir la mettre dans la sacoche de selle lorsque le soleil ferait son apparition mais en fait, je l’ai gardée sur moi toute la journée, même dans les ascensions.

Pour l’heure, je traverse donc Toulouse du Nord-Est en Sud-Ouest en direction de Cugnaux, Villeneuve-Tolosane et Seysses que je traverse sans aucune difficulté et de Muret que je me contente d’effleurer. Le parcours est presque plat et roulant et je m’arrête souvent pour prendre des photos du sublime tableau qu’offrent les cimes enneigées des Pyrénées Ariégeoises éclairées par les rayons du soleil. Je ne compte plus les brefs arrêts entre Saint-Hilaire et Marquefave : tant pis pour la moyenne horaire, ça n’a aucune espèce d’importance. C’est là que je retrouve avec plaisir les voies cyclables qui font partie de la fameuse Transgarona dont on ne sait toujours pas avec certitude si elle est complètement achevée pour nous mener jusqu’à la source présumée de la Garonne dans le Val d’Aran en Espagne. Je voulais tenter de l’effectuer en compagnie de Julien, Pascal et Marcel qui nous a rejoint à Muret mais malheureusement, l’aventure s’est terminée à Saint-Gaudens en raison d’une casse matérielle et nous avons tous dû rentrer en train.

Je passe ainsi par Carbonne, Salles-sur-Garonne, Saint-Julien (sur Garonne évidemment) pour rejoindre le magnifique petit village de Cazères. Lorsque j’y suis passé pour la première fois, j’avais été captivé par sa disposition, en bordure du fleuve. La magie opère à nouveau mais j’arrive cette fois-ci par la petite route du haut qui offre une autre perspective et je constate que la Garonne déborde sur les berges par endroits, probablement en raison des très nombreux épisodes pluvieux de ces dernières semaines. Tant mieux pour notre planète, elle en avait bien besoin mais il faudrait maintenant qu’il arrête un peu de pleuvoir car le mieux est l’ennemi du bien.

Je retrouve également la première petite difficulté du jour, la côte de Couladère à la sortie de Cazères, la seule véritable ascension de la première partie du trajet jusqu’à Sainte-Croix-Volvestre. La montée est courte, avec tout de même un petit passage à 10% et je suis curieux de voir ce que ça peut donner en tandem VTT. J’atteins finalement mon objectif peu après midi et je cherche un endroit pour me poser un moment et manger mon sandwich mais c’est jour de marché et pour éviter la foule, je décide de continuer à la recherche d’un endroit plus propice.

Après 87 kilomètres presque plats, la deuxième partie s’annonce beaucoup plus vallonée et ça commence fort dès les premiers lacets qui conduisent à Lahitère avec près de 4 km de montée et un passage entre 11 ou 13% qui réveille quelques vieilles douleurs dans les genoux, en particulier le droit, côté sur lequel je suis tombé. La bonne nouvelle, c’est que la cuisse me laisse tranquille et elle ne se manifestera pas jusqu’à l’arrivée.

Je rejoins finalement Montesquieu-Volvestre où je trouve enfin un petit banc, idéal pour se poser quelques instants. Par chance, le soleil brille et me réchauffe enfin : j’y reste près d’une heure en dévorant tranquillement tout ce que j’avais emporté à manger, ne gardant que deux gels pour les éventuels coups de moins bien. Ils ne tarderont pas à arriver car les kilomètres s’accumulent, je dois encore passer deux petites bosses et le vent à commencé à se lever. En changeant de direction entre Rieux-Volvestre et Saint-Ybars, je le prends en pleine face et il souffle par violentes rafales. Encore une fois, je constate que, aussi pratique qu’elle est en temps normal, ma sacoche de cadre Full Frame se transforme en véritable voile dès qu’Eole entre en scène. Avec un vent latéral, c’est encore pire et on est facilement déporté comme ça a été le cas tout au long de cette interminable ligne droite menant à Lézat-sur-Lèze. Je soutiens difficilement les 15 km/h et je bénis mes prolongateurs qui me permettent d’adopter une position plus aérodynamique tout en soulageant mes lombaires.

Je connais bien assez bien la route car je l’ai empruntée en revenant d’une escapade en Ariège quand Thierry m’a invité dans sa résidence secondaire à Villeneuve-en-Couserans. A part le vent, il n’y aura plus de véritable difficulté, tout au plus quelques petits coups de reins à donner ça et là. Mes deux principaux soucis vont être, dans l’ordre, les petits échauffements au niveau de l’assise et la gestion de l’eau car je me rappelle avoir eu des difficultés à en trouver l’été dernier. Mon dernier arrêt sera donc pour remettre un peu de crème sur la peau de chamois et l’entrejambe, prendre un gel pour me redonner un peu de tonus après m’être épuisé à lutter contre le vent. Quant à l’eau, mon deuxième bidon suffira amplement pour rejoindre Labarthe-sur-Lèze où je sais trouver un cimetière en bord de route et refaire le plein.

Tous les villages sur Lèze défilent maintenant à bonne allure, aidé un peu par un vent soudainement devenu plus favorable. Lézat, Saint-Sulpice, Beaumont, Lagardelle et enfin Labarthe où je ravitaille en eau comme prévu. Après Pins-Justaret et Lacroix-Falgarde, il ne me reste plus qu’à longer la Garonne jusqu’aux portes de Toulouse. J’aurais pû aller au plus court mais je décide de jouer mon propre jeu jusqu’au bout en ramenant le tandem fictif au siège de l’AVH et flirter ainsi avec les 200 km. Au bout du compte, j’arrive juste à temps pour éviter l’averse et ne prendre que quelques gouttes. L’obscurité n’allait pas tarder à s’installer, même si, pour être vu, j’avais allumé mon phare avant depuis une bonne heure. Mission accomplie et je me sens enfin être sur la bonne voie à 46 jours du grand départ à Paris.

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Trace et profil

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Relevés GPS

Départ
10/03/2024 07:54:49
Durée de déplacement
09:18:13
Durée totale
10:49:46
Arrivée
10/03/2024 18:44:35
Distance
185.55 kms
Dénivelé positif
982 m
Vitesse moyenne
19.9 kms/h
Vitesse maximale
56.2 kms/h
Altitude minimale
117 m
Altitude maximale
492 m
Puissance
0 W
Dépense énergétique
0 kJ

Conditions

Météo
Dégagé
Température
4 °
Humidité
93 %
Vent
7.8 kms/h
Direction du vent
SE

Autres participants

Aucun

Vélo utilisé

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